INTERDITS DE BAC POUR FRAUDE

L’une des raisons fréquemment évoquées pour expliquer la baisse de niveau dans le système éducatif gabonais est le refus de certains élèves de redoubler leur classe. Le ministère de l’Education nationale a semble-t-il  décidé de prendre le taureau par les cornes afin d’éradiquer ce phénomène.

En effet, cette année plusieurs centaines de dossiers de candidats au baccalauréat ont été purement et simplement été rejetés pour cause de passage irrégulier en classe de terminale.  

Des élèves qui refusent de redoubler leur classe, estimant qu’ils doivent à tout prix passer en classe supérieure, on en a souvent connus, surtout depuis une quinzaine d’années. Avec la complicité de leurs parents, de nombreux élèves falsifient sans vergogne leurs bulletins de notes et vont s’acheter une nouvelle virginité à la Gare Routière, à Libreville, ou auprès de chefs d’établissement complaisants  ou véreux, surtout ceux de l’enseignement privé. D’élèves redoublant leur classe pour travail insuffisant, ils deviennent par un coup de baguette magique de brillants élèves admis en classe supérieure avec un Tableau d’Honneur avec félicitations. La falsification des bulletins de notes est même devenue un port national.

Toutefois, il devient de plus en plus périlleux de s’adonner à ces pratiques illicites, comme l’ont appris à leurs dépens nombre de candidats au baccalauréat 2013.  Ne voulant en aucun cas redoubler leur classe et souhaitant passer à tout prix le bac, certains élèves de première ont l’année dernière falsifié leurs bulletins scolaires en vue de s’admettre en terminale.

Manque de pot pour eux, la Direction Générale des Examens et Concours a entrepris la centralisation des fichiers scolaires. Les résultats de l’ensemble des établissements scolaires du Gabon sont désormais centralisés chaque fin d’année.

Suite à un vaste travail de vérification,  les services de l’Office du bac ont retrouvé la trace des vrais résultats de chaque candidat au bac.  Ceux qui ont eu recours à des bulletins refaits ont été immédiatement identifiés. Ils sont plus de 135 pour la province de l’Ogooué-Maritime et 1650 pour l’ensemble du pays.

Il a été notifié à ces élèves indélicats qu’ils ne passeront pas le baccalauréat 2013 ; plus grave, ils devront retourner en classe de première l’année prochaine afin de passer régulièrement en terminale en fin d’année.

De nombreux acteurs du système éducatif applaudissent cette fermeté du ministère. Ces élèves qui s’admettent en terminale de façon irrégulière ont tendance à faire augmenter de façon dramatique le taux d’échec au bac car n’ayant pas le niveau requis pour la terminale.

Ces élèves fraudeurs méditeront peut-être sur cette pensée du sage chinois : « Si tu ne veux pas que ce que tu as fais se sache, alors ne le fait pas. »

On se souvient aussi de la bataille des actes de naissance initiée il y a une dizaine d’années par le ministère. Certains parents faisaient refaire les certificats de naissance de leurs enfants afin de les rajeunir de 2, 3 ou 4 années. Depuis que la Direction des Générale des Examens et Concours envoie ses agents procéder à des vérifications dans les mairies, ce phénomène à quasiment disparu.

Par ailleurs, très bientôt le ministère de l’Education nationale va attribuer un numéro unique à chaque élève du Gabon. Le « mwana » aura son identifiant dès son entrée en cours préparatoires (CP) et  ce numéro l’accompagnera tout le long de son cursus scolaire. Cela permettra de suivre à la trace certains élèves dans leurs pérégrinations scolaires.

Sébastien NZUZI, LTB News, 16 avril 2013

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