Echauffourées à Port-Gentil

A Libreville, les échauffourées entre élèves et forces de l’ordre ont entraîné la fermeture des écoles. A Port-Gentil, c’est la fermeture des écoles qui a entraîné des échauffourées.

En effet, ce vendredi matin, suite à la décision du ministère de l’Education nationale de fermer les établissements scolaires, les dirigeants des principaux lycées et collèges de la Cité pétrolière  décident de faire évacuer les établissements dont ils ont la charge. Ce qui met le feu aux poudres.

Au principal lycée de la ville, le lycée Joseph Ambourouè Avaro (LJAA), à l’heure du début des cours, les élèves sont informés de la fermeture de leur établissement. Le ton monte ; les élèves refusent de sortir des salles de classe. Ils sont évacués de force par les surveillants.

Pour marquer leur mécontentement, les élèves se réunissent sur le parking du lycée et  décident de se rendre au lycée Thuriaf Bantsantsa (LTB), puis au CES Bac Aviation, deux établissements situés à près de 7 kilomètres, pour y chercher, disent-ils, leurs camarades. Ils vont battre le bitume pendant près plus d’une heure, perturbant énormément la circulation. Informées, les forces de l’ordre vont essayer de les en empêcher, en établissant un barrage au Carrefour Banco. En vain.

Aux alentours de 11 heures, ce sont plusieurs centaines d’élèves de LJAA, LTB et du CES Bac Aviation, encadrés par des policiers, qui convergent vers le lycée Technique Jean Fidèle Otando. «Nous allons chercher nos amis afin de tous nous rendre au gouvernorat,» disent-ils. Les forces de l’ordre vont les en empêcher. Ils vont être dispersés par des jets de bombes lacrymogènes au niveau de la place de la Concorde.

Interrogé sur les raisons de cette marche, un élève en Terminale au LTB nous confie : « Nous ne comprenons pas pourquoi nos écoles sont fermées. Nos profs viennent en classe. Nous aussi, nous venons en classe. Alors, pourquoi ferme-on les écoles ? On ne comprend rien. On ne comprend vraiment rien. Il y aussi ce problème de la route qui mène vers notre établissement. Elle est complètement dégradée. Ils avaient commencé à travailler la route du CES Bac Aviation. On ne sait pas pourquoi ils ont abandonné la construction de cette route. Si elle avait été achevée, elle nous aurait aidés. »

Les échauffourées se sont poursuivies jusqu’au milieu de l’après-midi, notamment au Carrefour Château. Et il semble que les autorités ont compris les élèves car les cours reprennent ce lundi 18 novembre dans tous les établissements de la province aux heures habituelles.

Quoi de plus normal que de remettre dans les salles de classe des enfants qui expriment – même violemment – l’envie d’aller à l’école?

 

Sébastien NZUZI, LTB News, le 16 novembre 2013

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