LE PM DEMANDE LA REPRISE DES COURS

 

La semaine dernière, Libreville a connu de nombreuses marches d’élèves demandant le retour de leurs enseignants dans les salles des classes. Ces derniers suivent depuis plusieurs semaines un mouvement de grève pour exiger le paiement des rappels et des vacations dues pour le compte des examens 2013. Ces marches ont été durement réprimées par les forces de l’ordre. Pour éviter les risques de dérapage, les autorités ont dû procéder à la fermeture des établissements scolaires  sur toute l’étendue du territoire national.

A Port-Gentil, c’est cette fermeture des écoles et lycées qui a mis le feu aux poudres. Le vendredi 15 novembre, les élèves des principaux établissements de la ville sont descendus massivement da la rue afin d’exiger la réouverture de leurs écoles.

Afin d’essayer d’amener les uns et les autres à de meilleurs sentiments, Gabon Télévision a pris l’initiative d’organiser, dimanche dernier un débat qui a réuni  les représentants des ministères de l’Education nationale, du Budget ainsi des leaders des syndicats de l’éducation nationale, le président de la Fédération des associations des parents d’élèves. Le conseiller spécial du Chef de l’Etat, M. Etienne Massard Kabinda, fut également invité.

Ce débat a surtout montré l’existence d’un énorme fossé entre les syndicats, les parents d’élèves et le ministère de tutelle. Les leaders syndicaux et le représentant des parents d’élèves reprochant surtout au ministre Séraphin Moundounga un manque de dialogue et une prise de décision jugée unilatérale. Citant Nelson Mandela, Marcel Libama, secrétaire exécutif de la Conasysed a dit : « Si vous faites une chose pour nous sans nous, alors c’est contre nous. »

Tard dans la soirée, à la suite de ce débat, quatre hauts responsables furent limogés. Samuel Mbadinga, Jean-Michel Ella Essone, respectivement Directeur de cabinet du ministre de l’Education nationale et Secrétaire général du ministère de l’Education nationale ainsi que Edith Methogo, Directeur général adjoint du Contrôle des Ressources et des Charges Publiques, et Jocelyn Koussou, Directeur central des affaires financières au ministère de l’Education nationale, ont été révoqués de leurs fonctions.

Cette semaine

Cette semaine, le Premier ministre a décidé de prendre en main le dossier brûlant de l’éducation nationale. Le mardi 19 novembre 2013, sur instructions du Chef de l’Etat, M. Raymond Ndong Sima a réuni autour de lui les syndicats de l’éducation nationale et les responsables des associations des parents d’élèves afin de trouver les voies et moyens pour sortir de cette crise. Après près de six heures d’horloge, le chef de l’administration n’a pas pu convaincre les enseignants à regagner les salles de classes le lendemain mercredi, comme souhaité par le ministre de l’Education nationale.

Ce jeudi 21 novembre 2013 à 13 heures, le Premier ministre a tenu un point de presse afin d’édifier les Gabonais sur les mesures concrètes qui ont été prises par son gouvernement afin de ramener la sérénité dans l’éducation nationale.  Quatre points étaient à l’ordre du jour : le paiement des vacations, la PIFE, les rappels et le problème des enseignants du pré-primaire.

S’agissant du premier point, le Chef du gouvernement a indiqué que près de 19.000 bons de caisse avaient été édités et que la majorité de ces bons avaient été déjà récupérés par les ayants-droits. Une commission d’enquête a été mise en place afin de déterminer les responsabilités dans les rumeurs de malversations qui circulent autour des vacations. Une somme de 200 millions de francs aurait en effet été indument perçue par des responsables du ministère de l’Education nationale qui n’ont rien à voir avec les examens. Le Premier ministre a fait savoir que les responsabilités doivent être clairement établies dans ces dysfonctionnements et les coupables devront en répondre devant la justice. Une Commission chargée de faire la lumière sur ce dossier a été mise en place et elle devra déposer ses conclusions sous 30 jours.

Concernant la mensualisation de la PIFE, M. Ndong Sima a fait savoir qu’en 2009, lors de son instauration, cette prime incitative à la carrière enseignante avait coûté à l’Etat gabonais la bagatelle de 9 milliards et que cette année, ce sont 18 milliards de nos francs que le gouvernement a déboursés. Nous sommes donc passés du simple au double. Or dans la même période, a-t-il fait remarquer, les effectifs des enseignants n’ont pas crû dans les mêmes proportions. Avant toute mensualisation de la PIFE, l’Etat doit dresser avec exactitude la liste effective des ayants droits.

Pour ce qui est des enseignants du pré-primaire qui sont payés par bulletin rose, le Chef de l’administration a indiqué que des guichets spéciaux ont été ouverts dans toutes capitales provinciales afin de recueillir puis de vérifier au cas par cas les dossiers de ces enseignants en vue de leur intégration dans la fonction publique.

« Les rappels seront payés avant la fin de l’année », a martelé le Chef du gouvernement. Les sommes en jeu étant très importantes – plus de 120 milliards de francs CFA, le paiement ne se fera pas comme avec un bâton magique. Toutefois, a-t-il dit, nous commencerons le paiement dès cette fin de mois et d’ici à la fin de l’année, ce problème sera réglé, a-t-il rassuré.

Au terme de ce point de presse, le Premier ministre a demandé aux enseignants de reprendre les cours ce lundi 25 novembre 2013. Sera-t-il entendu par les enseignants, notamment ceux de la Conasysed, qui refusent désormais de croire à des promesses trop souvent rapidement oubliées? Espérons-le, pour le bien de l’école gabonaise.

 

Sébastien NZUZI, LTB News, le 21 novembre 2013

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site